EPISODE 5

 

MERCREDI 3 FEVRIER

J’apprends que pour pouvoir travailler, il faut se procurer le « PPS number », première démarche à effectuer pour prétendre à un travail, ici, en Irlande. Et hop ! C’est parti pour une petite balade au Social Welfare Office le plus proche. J’y remplis un formulaire joint d’un justificatif de domicile (fourni par l’auberge de jeunesse)[1] et d’une pièce d’identité. Une semaine d’attente et je l’u, c’est aussi simple que ça ! Ne reste plus qu’à trouver du travail. Le FAS est une sorte d’ANPE irlandaise où l’on peut dégotter tout un tas de petites annonces intéressantes, dans des secteurs très variés. Incroyable toutes ces annonces pour un poste de serveuse. Même si ça n’est pas un choix de rêve, c’est toujours mieux que rien pour pourvoir financer les frais quotidiens.

Chaque jour, j’en apprends un peu plus, grâce aux discussions, au partage d’expérience avec les occupants de l’auberge qui en sont passés par là quelques mois auparavant. Les choses avancent, doucement, étapes par étapes. A l’auberge, un Anglais, adorable, me donne de temps à autres des filons du genre où faire des photocopies moins chères ou bien quelques conseils pour trouver un job plus facilement. Sous ses conseils, je contacte Hertz, connue pour embaucher des étrangers. Contente de cette nouvelle piste, je prévois de leur envoyer CV et lettre de motivation. D’après les descriptions difficilement compréhensibles et rendues pénibles par accent des habitants de Manchester et la qualité de la ligne téléphonique, la société se trouve non loin de l’aéroport et nous permet de bénéficier d’un logement gratuit pendant le premier mois. Bon plan !

Ce midi, c’est lunch à la cuisine de l’auberge. Marco, Yann et Ivizca – un autre Croate au nom imprononçable – se joignent à moi. Mais où sont les filles dans cet endroit ? Bref, nous plaisantons sans arrêt et c’est dans la joie et la bonne humeur que nous partageons de bons plats chauds dans une ambiance conviviale telle que je la connais bien en Irlande et qu’il est bon de retrouver.

Et, en plus de l’anglais et du japonais, j’apprends le croate… C’était pas prévu.

Allez, tous au pub ! Une chouette soirée dans un grand pub au coin de la rue non loin de l’auberge. Ils se sont tous enfilés 4 pintes, je suis ridicule avec mon petit jus d’ananas. Ce pub, c’est LEUR pub. Depuis leur arrivée à Dublin, c’est leur QG du week-end.

Au bout de la troisième pinte – le temps dans un pub irlandais ne se compte plus en minutes ni en heures – un homme, costumé, installe tout un équipement audio. Un karaoké !

Nouveau défi, chanter ! Ils ne savent pas chanter… et puis de toute façon, je ne suis pas préparée et trop timide pour me lancer comme ça, non mais oh ! Je propose donc que nous y retournions le lendemain. Demain, il y a une soirée karaoké à Parliament Street, Isolder Pub. Vivement demain !

Prise dans la bonne humeur de mon jus d’ananas et les garçons de leur 2 litres de bières, nous virevoltons dans les ruelles de Dublin et nous approprions des rues, des pubs, des rues, des pubs, nous leur donnons des noms, les nôtres, et nous jouons à qui aura le plus de pubs et de rues à son nom ! Nous rions, et rions, et les rues agitées et illuminées nous accompagnent dans l’effervescence nocturne de la ville. A la fin, toutes les rues et les pubs que nous avions croisés étaient à nous. Le pub du coin de la rue, c’est à Ivizca, dans Ivizca Street. Moi j’ai O’connel street, qui est devenue Nathalie Street et Temble Bar est devenu mon quartier !

Temple Bar… J’adore ce quartier. Les gens s’y agitent. C’est un lieu pétillant à tout moment de la journée. Les arts et la musique y ont leur place, amenant la joie des passants heureux, qui se laissent bercer par les notes s’échappant des pubs, les bruits des sabots des chevaux en calèches et la voix de cet artiste qui veut s’exprimer en plein air. C’est ce que j’aime à Temple Bar. Tout y est harmonie, insouciance et joie de vivre.

[1] Depuis 2007 il faut fournir les justificatifs d’une adresse fixe et les justificatifs de domicile fournis par les auberges de jeunesse ne font plus foi.

Chinese / French Course